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L'art de l'efficience

  • Marine
  • 14 déc. 2025
  • 2 min de lecture

L’efficience : travailler moins, mais mieux

On parle beaucoup de productivité.Faire plus, aller plus vite, remplir davantage de cases.

Mais il existe un autre mot, plus discret, et pourtant beaucoup plus structurant dans nos manières de travailler : l’efficience.


Là où la productivité cherche la quantité, l’efficience interroge la qualité du rapport entre effort et valeur. Elle pose une question simple mais exigeante : à quel coût réel créons-nous de la valeur ?


Être efficace, c’est atteindre un objectif. Être productif, c’est accomplir beaucoup de tâches dans un temps donné.Être efficient, c’est obtenir un résultat équivalent, ou meilleur, avec moins de temps, moins d’énergie et moins de gaspillage.


Une réunion courte qui aboutit à une décision claire est plus efficiente qu’une longue réunion qui mène au même résultat. Le problème n’est pas le travail en soi, mais l’énergie dilapidée inutilement.


Le philosophe François Jullien apporte un éclairage inspirant sur cette notion. Pour lui, l’efficience ne consiste pas à forcer ou à intensifier l’action. Elle repose sur la capacité à lire une situation dans sa globalité, à faire quelques ajustements fins, puis à laisser le dispositif produire ses effets. Il parle d’un « agir indirect », fait de transformations discrètes mais durables.


Adopter une logique d’efficience commence par un geste simple : observer son système de travail avant de chercher à l’optimiser. Trop souvent, nous tentons d’améliorer des processus que nous n’avons jamais réellement cartographiés. Visualiser le chemin d’une tâche, repérer les goulots, les attentes, les allers-retours permet déjà de réduire une grande part de la friction.


L’efficience invite aussi à choisir peu d’indicateurs, mais des indicateurs utiles. Non pas pour contrôler, mais pour apprendre vite et ajuster. Un indicateur n’a de valeur que s’il éclaire une décision concrète.


Elle encourage également une autre forme d’innovation. Non pas celle qui ajoute sans cesse des couches, des outils ou des étapes, mais celle qui retire, simplifie, épure. Bien souvent, on crée plus de valeur en faisant moins.


Enfin, l’efficience ne peut être dissociée de la qualité de vie et de la robustesse des systèmes. Un système trop optimisé devient fragile. Un rythme trop tendu épuise. Travailler de manière efficiente, c’est chercher un équilibre soutenable, préserver son énergie et accepter une part de marge pour absorber les imprévus.


Au fond, l’efficience ne vise pas le maximum. Elle vise l’optimum.


Moins d’agitation.Plus de clarté. Et une création de valeur qui tient dans le temps, sans abîmer ni les personnes, ni les systèmes, ni le vivant.

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