Pensez moins, ressentir plus
- 14 déc. 2025
- 4 min de lecture
Vous trouvez que vous pensez trop ?
Et si vous réappreniez à ressentir !
Votre tête tourne en boucle. Vous analysez tout. Et le plaisir simple d’être là vous échappe.
Ça m’est arrivé longtemps.. trop longtemps !
Puis je suis tombée sur un livre : La Voix du Sentir de Luis Ansa. Ce livre qui ne m’a pas appris à mieux penser, mais à moins penser.. en ressentant davantage.
Ce texte a été un basculement pour moi. Depuis que j’expérimente les principes, je me sens plus intuitive, moins enfermée dans le mental. Ma créativité est devenue plus fluide, moins automatique.
Dans cet article, je vous partage trois clés essentielles, issues de ce magnifique livre, pour redescendre dans le corps, retrouver de la présence et libérer une créativité plus vivante.
Qui est Luis Ansa ?
Luis Ansa est artiste et chercheur spirituel argentin, peintre et artiste.
Il a développé ce qu’il appelle la Voie du Sentir, une approche fondée sur le corps, la sensation et l’expérience directe. Pour lui, créer et sentir ne font qu’un.
L’art n’est pas une performance. Ce n’est pas un résultat... c’est un chemin intérieur !
Si ce texte vous attire, c’est probablement que vous sentez, vous aussi, que penser qu’une autre intelligence, plus sensible et plus incarnée, peut être réactivée.
1. Diviser son attention pour revenir au présent
On croit souvent que pour être présent, il faut se couper du monde, fermer les yeux, se recentrer, faire abstraction de l’extérieur.
Luis Ansa propose l’inverse.
Il invite à rester pleinement en lien avec le monde, tout en maintenant une présence active au corps.Autrement dit, diviser son attention.
Une partie de l’attention reste tournée vers l’extérieur : la conversation, le paysage, l’activité en cours.Une autre partie est dédiée à une sensation corporelle précise.
« Gardez toujours une partie de votre corps éveillée par la sensation. »
Choisissez une zone simple : un pied, une main, le ventre, le dos.Sentez-la, sans chercher à modifier quoi que ce soit.
Puis continuez votre activité tout en gardant ce fil sensoriel.
Dans notre quotidien, l’attention est aspirée vers l’extérieur : écrans, sollicitations, échanges constants.Résultat, on vit hors de soi.
Diviser l’attention permet de réhabiter le corps sans se retirer du monde.
En réunion, sentez le contact de votre dos avec le fauteuil.En marchant, sentez la pression des pieds sur le sol. En créant, sentez le geste, la matière, le rythme.
C’est là que la présence commence.
2. Observer sans commenter
C’est probablement le point le plus difficile.
« Le plus difficile dans la Voie du Sentir, c’est de capter une impression sans élaborer la moindre pensée. »
Nous sentons, puis immédiatement nous commentons.
« C’est beau. »« J’aime beaucoup. »« Ça me fait du bien. »« Je devrais faire ça plus souvent. »
À cet instant précis, la sensation est déjà perdue.Elle a été traduite en pensée, classée, récupérée par le mental.
Luis Ansa invite à un changement radical de posture :cesser d’être analyste et devenir réceptacle.
Prenez l’exemple de la musique.
Vous pouvez l’écouter mentalement, en analysant et en anticipant.Vous pouvez l’écouter émotionnellement, en vous laissant toucher.Ou vous pouvez l’écouter corporellement, en la ressentant dans la peau, le ventre, les muscles.
C’est ce troisième niveau, souvent négligé, que la Voie du Sentir cherche à réveiller.
Une odeur.Une texture.Une lumière.
Et si vous n’en disiez rien ?
Pas de commentaire.Pas d’histoire.
Juste laisser la sensation infuser.
Peu à peu, le corps réapprend à percevoir. Et ce que l’on perçoit nous nourrit réellement, de l’intérieur.
C’est de là que naît une créativité organique, non forcée.
3. Réintégrer l’énergie yin : accueillir au lieu de contrôler
Luis Ansa parle d’un déséquilibre profond, très répandu aujourd’hui.
Dans la tradition orientale, on parle de yin et de yang, deux forces complémentaires.
Le yang est associé à l’action, la direction, la projection, le contrôle.Le yin est lié à l’accueil, la lenteur, le silence, la profondeur.
Le problème n’est pas le yang.Le problème, c’est qu’il agit sans contrepoids.
Nous produisons, nous planifions, nous mesurons.Même la créativité devient une injonction à performer.
Or, la création dont parle Ansa ne naît pas du contrôle.
Elle naît du yin, de cet espace intérieur qui laisse venir sans savoir à l’avance ce qui va émerger.
Créer depuis cet endroit, c’est cesser de forcer. C’est accepter l’invisible, l’inachevé, l’imprévisible.
Pas pour tomber dans l’inaction.Mais pour retrouver un équilibre vivant entre faire et être.
« Tu n’as pas besoin de tout analyser. Tu as juste besoin d’être là. »
Parfois, comprendre n’est qu’une autre forme de contrôle.
En synthèse : redevenir un lieu
S’il ne fallait retenir qu’une seule idée, ce serait celle-ci : Redevenez un lieu.
Pas un corps à exploiter. Pas un mental à rentabiliser.
Un lieu sensible, habité, disponible et ouvert à la vie.
La Voix du Sentir n’est pas une méthode... c’est un art de vivre !
Dans cet art, la créativité n’est plus quelque chose à produire, à maîtriser ou à contrôler. Elle est un prolongement naturel de ce que l'on (re)sens.
Elle ne se fabrique pas ; elle advient.


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